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Le Huron est de retour ! Chronique d’une élection (non) annoncée


lehuron2013Après 2004 et 2009, Ben Fayot a décidé en 2013 de se glisser à nouveau dans le personnage du Huron, commentateur ingénu des campagnes électorales luxembourgeoises. C’est la première fois qu’il se prête à cet exercice en tant qu’observateur externe à ces élections un peu spéciales, alors que contrairement à 2004 et 2009 il n’est, cette fois-ci, pas candidat. Il est député sortant, certes, mais gageons que la liberté de ton du Huron n’en sera cette fois-ci que plus grande.

 

Ben avait diffusé les précédentes éditions par email, puis avait publié des petits recueils des Chroniques 2004 et 2009 dont il a fait cadeau à ses lecteurs. Le Huron va avec son temps et il m’a demandé si je voulais publier sa chronique 2013 sur mon blog, en tant que contributeur externe. J’ai bien sûr accepté, d’abord parce que j’ai toujours éprouvé du plaisir à lire les textes du Huron. Mais aussi parce que j’espère que la lecture de cette chronique m’aidera à conserver le recul, et l’humour, qui risquent parfois de me manquer au cours de ma première campagne électorale.

 

Voici l’avant-propos que Ben avait publié en 2004 et qui explique l’origine du personnage du Huron et la démarche qui fut la sienne dans la rédaction de sa chronique.

 

Je souhaite à tous les lecteurs du Huron, anciens et nouveaux, beaucoup de plaisir à la découverte des nouveaux épisodes, qui seront publiés au fil de l’eau et au fur et à mesure où le Huron livrera ses textes.

 

Franz Fayot, le 19 août 2013

 

NOTE :

 

La chronique pourra être consultée en cliquant sur le petit onglet rouge « Le Huron 2013» qui se trouve sur le côté droit de la page d’accueil de mon blog (www.franzfayot.lu).

La parution de chaque nouvel épisode sera annoncée de la même manière que mes posts, à savoir par des alertes sur ma page Facebook et par Twitter (et par mail pour les abonnés à mon blog).

Et, dernière précision: Tous les textes publiés sous la signature « Le Huron » sont l’oeuvre de Ben Fayot, et non pas la mienne, comme pourrait l’inciter à croire l’avatar figurant au-dessus de l’article et indiquant « Vum Franz Fayot ».

 

 

« Le Huron 2004

 

Avant-propos

Voltaire aima observer son époque à travers les yeux de personnages de fiction. Ainsi, dans « Le Monde comme il va », « les génies qui président aux empires du monde » envoient le Scythe Babouc enquêter à Persépolis sur les Perses qui exagèrent dans les folies et les excès. Babouc objecte qu’il ne connaît rien des Perses. « Tant mieux, dit l’ange, tu ne seras point partial. » Il en va de même de Micromégas, habitant de l’étoile Sirius dans la planète de Saturne qui vient visiter « notre petite fourmilière ». Candide, initié à l’optimisme absolu par son précepteur Pangloss, est le plus connu de tous les personnages de Voltaire qui parcourent un monde qui ressemble étrangement à la société civilisée, quelque sauvage qu’elle paraisse parfois. Le Huron est moins connu. Appelé l’Ingénu, parce qu’il dit toujours naïvement ce qu’il pense, explique Voltaire, il vient des colonies américaines en passant par l’Angleterre, mais c’est dans la Bretagne très catholique qu’il sera baptisé du nom d’Hercule pour sa fougue et sa force, également vis-à-vis des dames.

Souvent publiés sans nom d’auteur ou sous des noms d’emprunts, les romans et contes de Voltaire étaient des charges féroces contre les institutions, en particulier la justice, l’Eglise, les jésuites, la société de cour, les bourgeois rapaces, les écrivains de l’époque. Ce furent autant de règlements de compte de Voltaire avec son temps. Publié pour la première fois en 1767 à Genève, l’Ingénu fut interdit par la censure.

Je me suis mis à écrire les chroniques qui suivent à la suite de la relecture chaque fois à nouveau fascinante et amusante de ces contes et romans, un soir de janvier 2004, et je me suis ensuite pris au jeu de sorte à en faire trente exactement jusqu’au 13 juin 2004, jour des élections. J’ai essayé de m’inspirer vaguement de Voltaire. Dans ces pastiches, j’observe une réalité dans laquelle j’étais impliqué de mars à juin 2004 en tant que candidat aux élections législatives et européennes comme, depuis vingt ans, dans la vie politique luxembourgeoise.

J’ai ensuite envoyé ces petits textes par courrier électronique à un public divers. Il s’est révélé que ce public a varié tout au long de la période, les uns demandant à n’être plus importunés par ces missives, les autres les faisant passer à des amis et connaissance. Parfois l’hebdomadaire Letzeburger Land en a publié l’un ou l’autre texte. Je l’en remercie vivement. Il s’est révélé encore que l’e-mail est un fantastique instrument de mise en réseau.

D’aucuns m’ont demandé pourquoi j’ai écrit ces chroniques. Par dépit ? Par vengeance ? Pour prendre distance ? Rien de tout cela. Mais il est vrai que certains aspects du manège politique prêtent à rire.

Une période préélectorale tend à renforcer les caractéristiques de la vie politique. Plus on y participe, mieux on en détecte les ressorts qui sont profondément humains : il y a la recherche du pouvoir, la vanité des « grands » et de tous ceux qui veulent le devenir, l’engagement honnête et sincère, et puis cet étrange mélange d’idéalisme et de lutte pour la survie politique qui fait que les actions humaines sont souvent ambivalentes. Ni blanc ni noir, comme la vie.  La vie politique, c’est aussi le reflet d’une société de spectacle rapide et superficielle, qui informe certes beaucoup, mais encourage la passivité. Il reste que chacun a le droit de se faire sa propre religion, s’il le veut.

J’avais voulu, au début, signer simplement le Huron. Mais n’ayant aucun goût pour les écrits anonymes, je me suis décidé à faire le copiste sous la dictée du Huron regardant notre vie politique à l’approche des élections d’un œil tantôt amusé, tantôt naïf, voire même avec un esprit critique et acerbe. Le Huron n’est pas objectif, car le copiste l’a beaucoup et parfois trop guidé dans ses analyses.

Cela étant, ce recueil n’a aucune autre prétention que celle d’amuser. Il ne va pas être mis en vente, et quiconque voudra l’avoir le recevra jusqu’à épuisement  du stock. Il n’y aura pas de conférence de presse. Chacun pourra en dire et faire ce qu’il voudra.

Et qui sait ? Peut-être que le Huron reviendra pour une prochaine élection si le ministre de la justice veut bien lui donner un visa pour une nouvelle visite et si le cœur lui en dit de quitter sa belle Huronie.

 

Ben Fayot

Luxembourg, en juillet 2004 »

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