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Le Huron (2) Les chefs


lehuron2013Tout à coup, quand il y a des élections, il y a beaucoup de chefs. Il est difficile de s’y retrouver.  Chaque tribu a les meilleurs chefs, les plus intelligents et les plus capables de faire le bonheur de tous. Comme c’est un petit pays avec seulement quatre vallées pour les élections, les tribus se demandent s’il ne faut qu’un chef pour toutes les vallées ou quatre voire plus.

 

La tribu rouge a un futur grand chef pour tout le pays. C’est le jeune chef hardi qui veut se mettre à la place du grand chef. Celui-ci en tremble déjà, et les chefs et sous-chefs noirs aussi de ne plus avoir de beaux bureaux et des voitures propres qui brillent d’être astiquées chaque jour pour les conduire à travers le pays pour couper des rubans, scier des troncs d’arbres, lâcher des grenouilles et faire toutes sortes d’autres activités amusantes.

 

Mais la tribu rouge a aussi des chefs pour chacune des quatre vallées où on va voter sans s’occuper des autres, car chaque vallée est tellement spéciale et différente qu’elle ne veut rien avoir à faire avec les autres. Dans l’une des vallées où les esclaves travaillent le fer et donnent leurs croix en grand nombre à la tribu rouge, c’est le chef préposé aux envoyés chez les chefs du monde entier qui est chef de la vallée. Auparavant il était candidat grand chef, mais cette fois-ci il a généreusement laissé la place au jeune futur grand chef, car le temps ici est aux jeunes qui vont faire des miracles et donner la victoire à la tribu rouge. C’est du moins ce que croient les guerriers rouges, mais les devins n’ont pas encore parlé. Il faut attendre qu’ils scrutent les nuages et examinent les entrailles des bêtes offertes aux dieux. Mais le mieux c’est d’attendre ce que vont faire les simples guerriers de leurs croix. Chez les Hurons, on s’en tient aux anciens.

 

La tribu noire a un seul chef qui est le grand chef et qui veut le rester longtemps encore. Le chef noir entre dans une colère noire quand il pense à la félonie de la tribu rouge qui le menace de s’allier avec les autres tribus. Lui qui n’a jamais été autre chose que chef et grand chef a même annoncé qu’il sera simple guerrier à la salle richement décorée avec un homme qui a une sonnette s’il ne peut plus être grand chef.

 

La tribu bleue a également un chef pour chacune des quatre vallées. Mais là aussi c’est un peu compliqué. Le chef bleu qui va recevoir beaucoup de croix, peut-être plus que le grand chef noir, ne veut pas le remplacer. La dernière fois que les guerriers ont pu distribuer leurs croix pour savoir qui sera chef du village, le chef bleu leur a promis de rester chef du village où il connaît tout le monde et distribue des bises et des salamalecs à longueur de journée. Il ne pourra donc pas être grand chef de tout le pays. On a mis des chefs pour chaque vallée, mais on ne sait toujours pas qui sera grand chef. Mais peut-être que la tribu bleue n’en veut pas du tout.

 

A la tribu verte, c’est encore plus compliqué. Elle a huit chefs, dont une femme et un homme pour chaque vallée. Car alors que les autres tribus n’ont d’yeux que pour les hommes chefs, la tribu verte veut aussi les croix des simples guerrières et pense qu’en mettant une femme cheffe avec un homme chef, la cheffe va obtenir les croix des guerrières et le chef celles des guerriers. J’espère que j’ai compris ce que veut cette tribu. Chez les Hurons, les femmes ne s’occupent pas des discussions entre chefs et ne veulent pas être cheffes. 

 

Il y a encore d’autres tribus. Les unes disent qu’elles n’ont pas besoin de chefs, mais c’est parce qu’elles n’en ont pas vraiment. Les autres ont des chefs qui n’en sont pas encore mais veulent le devenir.

 

Tout cela fait beaucoup de chefs pour commander aux quatre vallées, aux villages et au château où est dirigé le pays.   

 

Le Huron

 

13 août 2013 

 

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