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Remettre l’Europe sur ses pieds


madydelvaux2.1

Un peu partout la mobilisation contre l’Europe fait rage, et paradoxalement, les élections européennes fournissent aux eurosceptiques une plateforme de choix pour diffuser leurs messages aussi populistes que simplistes et dangereux. Que les partis des extrêmes, de gauche comme de droite, fassent de l’Union Européenne le bouc émissaire de tous les maux et qu’ils trouvent ainsi l’adhésion d’une partie croissante des électeurs, est déjà suffisamment inquiétant. Mais voilà que des représentants de partis « classiques », qui ont pourtant contribué à créer et développer les institutions européennes, mettent en question des acquis communautaires. En proposant quoi, exactement ?

En proposant de revenir aux monnaies nationales… Y compris les dévaluations que connaissaient pratiquement tous les pays avant l’introduction de l’euro ? Avec des banques centrales nationales qui deviennent des proies faciles pour les spéculateurs qui se feront un malin plaisir d’éprouver la solidité financière de tel ou tel État ?

En proposant de fermer les frontières… Avec les contrôles pénibles et pointilleux aux postes douaniers, des files d’attente interminables matin et soir à nos frontières ?

La chancelière allemande, dont l’influence au sein du Parti populaire européen est prédominante, aime répéter que l’Europe, c’est 7% de la population mondiale, 25% de la production mondiale et 50% des prestations de sécurité sociale dispensées dans le monde, et que cet état des choses est intenable dans la société d’aujourd’hui : selon Angela Merkel, il faut réduire les dépenses sociales !

En poursuivant cette logique, pour nous situer dans la moyenne mondiale, nous faudra-t-il alors aussi réduire la démocratie, les espaces de liberté, la diversité culturelle, la protection de l’environnement etc. ?

Au contraire ! L’identité européenne se fonde sur une économie de marché sociale compétitive, avec un niveau élevé de protection garanti par des droits sociaux et les droits de l’homme. C’est ce modèle économique et social que nous voulons garder en Europe.

Pour autant il ne s’agit pas d’abandonner toute réflexion critique sur le fonctionnement actuel de l’Union Européenne. La crise et les différents plans de sauvetage ont ébranlé le fonctionnement de l’Union, les économies de plusieurs États membres et surtout la confiance des citoyens qui ne croient plus que la politique menée en Europe soit la réponse appropriée pour leur assurer une vie digne.

Il faut donc changer de politique et remettre l’Europe sur les pieds ! Il faut définir des standards sociaux qui sont respectés avec la même attention que le sont les normes financières et budgétaires. Il faut placer le bien-être des citoyens au même niveau que les règles de concurrence. Il faut autant discuter avec les représentants des salariés qu’avec les représentants du capital.

Pour couper court aux désirs des eurosceptiques qui préconisent la sortie de l’Union européenne ou le démantèlement des acquis communautaires, il nous faut appliquer une autre politique. Une politique qui rend l’Europe meilleure, plus juste, plus sociale, au service des citoyens.

Plus que jamais, face à la globalisation et l’interdépendance grandissante des pays, il est justifié d’unir les efforts des nations souveraines pour la gestion du bien commun. Il faut aussi reconnaitre les erreurs qui ont été commises et s’atteler à atténuer et compenser les chocs sociaux qui résultent de la mondialisation.

Il faut refonder le projet européen !

Le 9 mai 1950, dans son discours solennel, Robert Schuman disait que « l’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord une solidarité de fait. »

Il a eu raison que l’Europe ne se fait pas d’un coup. Mais le calcul, qu’une solidarité de fait suivrait naturellement les réalisations concrètes, ne s’est pas vérifié.

Il faut une forte volonté politique pour redonner un nouvel élan au projet européen.

9 thoughts on “Remettre l’Europe sur ses pieds”

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