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Une Union Européenne progressiste


madydelvaux
Le bien-être des gens doit peser plus que la santé des finances publiques!

La domination de la “chose économique” dans le fonctionnement de l’Union européenne, quasiment inscrite dans ses gènes, n’a jamais été corrigée. Des efforts ont été faits en matière sociale et de dialogue entre partenaires sociaux, certains furent même couronnés de succès, mais le social n’a jusqu’ici jamais été au cœur des préoccupations européennes, chaque pays gardant jalousement son pré carré.

La question économique est effectivement inhérente au fonctionnement de l’Union européenne, car c’est par là que tout a commencé. Après l’échec de l’Europe de la défense en 1954, les pères fondateurs se repliaient sur l’économie. Le plan Schuman était un plan industriel visant à assurer une collaboration étroite entre les industries du charbon et du fer et à faire redémarrer l’industrie européenne, ce qui impliquait de faire sauter les frontières. Les compétences que les États conféraient à l’institution communautaire étaient donc limitées: il s’agissait de construire un marché intérieur européen, avec des règles de concurrence respectées par tous et l’ouverture réciproque des marchés nationaux.

La crise des dernières cinq années n’a pas fait changer cet état des choses. Mais le trilogue complexe entre Conseil européen, Parlement européen et Commission, patiemment entretenu et développé au cours des années précédentes, s’est grippé. Dans l’urgence de la crise, et à défaut d’un instrument adéquat pour traiter les dossiers des pays menacés de faillite, les chefs d’État et de gouvernement ont instauré la Troïka (Fonds monétaire international, la Commission européenne et la Banque Centrale européenne) pour négocier – ou plutôt imposer – les conditions auxquelles la Grèce allait obtenir un prêt international de 110 milliards d’euros. La même chose s’est passée pour le Portugal, l’Irlande, Chypre.

Et tous les regards se tournaient alors vers l’Allemagne, championne d’Europe en matière de productivité et d’exportation. Sa vertu aurait été récompensée. On prônait la rigueur des réformes accomplies en Allemagne sous le chancelier Schroeder qui avaient rétabli, au prix de sacrifices énormes de la population, la compétitivité de l’économie allemande…

Faut-il rappeler que ce soi-disant succès de l’économique allemande s’explique aussi par une situation extrêmement précaire des salariés et une politique d’exportation égoïste, imposée à l’Europe par la chancelière allemande Angela Merkel?

Faut-il rappeler aussi que les réformes avaient été réalisées à une période où l’environnement international était en pleine croissance économique et que, malgré cette croissance, les Allemands avaient recouru à l’endettement? La dette publique allemande dépassait les 60% admis par le traité de Maastricht. C’est seulement dans un deuxième temps que le gouvernement allemand s’attela à la maîtrise des dépenses publiques, chose impossible aujourd’hui.

La Troïka impose en effet aux pays en crise de procéder simultanément aux réformes structurelles nécessaires au redressement économique et à la réduction budgétaire. En fait, il s’agit d’un compromis entre deux modèles économiques dont aucun ne prend en considération la dimension sociale des réformes imposées!

Les conséquences, découvertes après-coup, s’avèrent dramatiques: en octobre 2012, le FMI avoue que ses experts avaient largement sous-estimé l’impact des plans d’assainissement budgétaires et admet que les coupes budgétaires ont un effet récessif jusqu’à trois fois supérieur aux prévisions! Cette récession a des conséquences tragiques sur la situation des habitants de ces pays, avec le corollaire de manifestations souvent violentes mettant en danger la cohésion sociale.

Pas étonnant dès lors que les victimes contestent les institutions européennes!

Il faut avouer que la période, où une majorité de gouvernements européens étaient présidés par des socialistes, ne se distinguait pas non plus par des avancées sociales spectaculaires. Tony Blair et le New Labour se faisaient alors les champions de la libéralisation et donnaient la cadence.

Mais nous avons appris de nos erreurs.

Si l’Europe va mal aujourd’hui, c’est parce que ses dirigeants ont négligé les soucis des gens et sacrifié leur bien-être au succès des finances publiques. Il n’est pas trop tard pour y remédier, il faut s’y atteler. Maintenant.

Le manifeste des socialistes et sociaux-démocrates est un engagement pour une Europe plus sociale, plus juste, au service des citoyens.

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