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La précarité des chercheurs [Ben Fayot]


ben.fayotVoici l’excellent article de Ben Fayot, paru dans le supplément du Land sur la recherche du 30 octobre 2015, qui explique pourquoi la précarité des chercheurs est non seulement un problème social, mais a également des effets néfastes pour le développement de la recherche au Luxembourg. Et que ce constat est partagé par l’OCDE et abordé dans d’autres pays, où la recherche a une tradition toute autre, comme la France.

Ce n’est certes pas un problème propre au Luxembourg, mais chez nous, dans un pays avec une recherche encore relativement récente, la limitation des CDD à 5 ans mène à un « brain drain » avéré, comme l’a encore confirmé notre récente entrevue avec des représentants de Luxdoc, l’association représentant les chercheurs au Luxembourg. En outre, notre discussion avec Luxdoc ainsi que des échanges que j’ai pu avoir avec d’autres chercheurs actifs dans différentes disciplines, montre que 5 ans ne correspond à aucun cycle naturel dans la recherche: ce sont les années précédant le doctorat et une année de post-doc. Si ensuite le chercheur est mis sur un autre projet, il n’aura pas même le temps de finir sa recherche…

La question de la réforme de ce régime, qui remonte à 2007, est donc posée.

Quant aux esprits chagrins qui ont reproché à Ben Fayot à l’occasion d’une récente carte blanche sur RTL  un revirement par rapport à son discours à la Chambre des députés en 2007, lorsqu’il avait salué l’introduction du régime actuel des CDDs dans la recherche, une amélioration par rapport à la situation précédente de vide juridique absolu, ils liront avec profit le passage suivant :

« J’avais évoqué ce problème lors du débat à la Chambre des Députés le 8 juillet 2007 sur le projet de loi 5733 relatifs aux aides à la formation-recherche. J’avais alors rappelé qu’en 1987, quand le Luxembourg a eu sa première loi sérieuse sur la recherche, c’est-à-dire celle des CRP, il y avait accord pour empêcher une recherche fonctionnarisée, supposée inefficace. Cependant, vingt années plus tard, il s’est révélé que la précarité dans la recherche ne servait ni celle-ci ni la situation sociale des chercheurs. J’avais alors salué l’introduction de la règle des CDD sur cinq années car c’était à ce moment un progrès réel, les jeunes chercheurs n’ayant eu jusque là droit à aucun contrat du tout. Mais j’avais en même temps relevé que les chercheurs voulaient une certaine stabilité et qu’il fallait créer des carrières pour les retenir à Luxembourg. »

A bon entendeur, salut.

Franz Fayot

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