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Attaque terroriste – Après l’horreur


Capture d’écran 2015-11-14 à 16.32.53photo – capture d’écran LeMonde.fr

Je suis sous le choc de voir ces images d’un carnage dans les rues mêmes où on s’est promenés pas plus tard que le week-end dernier, sous des températures estivales, autour de Bastille et République. Boulevard Voltaire, rue de Charonne, rue Fontaine-au-Roi… Ces rues remplies de monde, vivantes, joyeuses, respirant la liberté. Ce n’est pas par hasard que les terroristes ont frappé là, au coeur d’une insouciance et d’une joie de vivre urbaine, où les Parisiens malgré les attaques terroristes de janvier sortaient en masse. Le restaurant Le Petit Cambodge, ce lieu vibrant où on a mangé il y a quelques semaines encore un excellent Bun Bo. Sous le choc aussi du carnage au Bataclan, en plein milieu d’un concert des Eagles of Death Metal, ce groupe de rock énergétique, contrairement à ce que suggère son nom pas du tout mortifère, qui a fait danser à deux reprises l’Atelier à Luxembourg – j’étais présent aux deux concerts. Ces liens très personnels amplifient encore la tristesse face à cette horreur inqualifiable.

Alors que faut-il faire? Rester à la maison, céder à la peur et à la menace terroriste? On l’a dit après Charlie Hebdo, on l’a déjà dit après 9-11, la réponse est un non fort et retentissant. Il faut continuer à affirmer nos valeurs, de liberté, de tolérance de l’autre, de vivre-ensemble. Il faut refuser d’entrer dans le jeu des islamistes et de l’obscurantisme religieux. Mais il ne suffit pas de le clamer. Les législateurs dans tous les pays libres devront veiller à ne pas tomber sous la tentation de lois sécuritaires à la “Patriot Act”, adoptées dans l’après 9-11, qui restreignent les libertés individuelles et qui sont la négation de nos valeurs fondamentales. Rappelons-nous que la CJUE vient seulement d’annuler, en 2014, par l’arrêt Digital Rights, la directive de 2006 sur le stockage des méta-données pour contrariété à la Convention européenne des droits de l’homme. Cette directive fut une des réactions aux attentats terroristes du milieu des années 2000 en Europe. Nous étions en train de revenir sur ce train de mesures, veillons maintenant à ne pas retomber dans les excès sécuritaires. Et ne laissons pas le terrain aux populistes d’extrême droite, dont on peut craindre que les solutions faciles mais liberticides et xénophobes, déjà hautes en cours ces temps-ci, ne soient encore renforcées par la peur.

Il faut, parallèlement à cela, combattre Daesh de manière décisive. Daesh, on le sait maintenant à suffisance, est un mal comparable aux Nazis, au fonctionnement et aux méthodes comparables,. Ce sont des barbares pilleurs et tueurs, dont on peut soupçonner que la référence à l’islamisme n’est qu’une façade pour assouvir leur désir de haine et de vengeance sur les valeurs des Lumières. S’il doit ressortir quelque chose de positif de l’horreur, c’est peut-être l’espoir que les grands Etat se liguent enfin et mettent à l’écart leurs jeux stratégiques pour combattre et éradiquer ces terroristes de manière définitive.

Après le choc, après l’horreur et la tristesse, continuons à vivre, affirmons nos valeurs et combattons les obscurantistes.

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